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L'Année dernière à Marienbad
Les jeux d’allumettes les plus répandus
consistent, en partant d’une figure, à déplacer, enlever ou ajouter un
nombre donné d’allumettes de façon à obtenir un nombre précis de
carrés ou de triangles. Voir
>>>
Le jeu de Nim ou jeu de Marienbad
Le
jeu de Nim se joue à deux. Il consiste à
retirer des allumettes disposées en diverses rangées
: le plus souvent quatre qui comportent respectivement
1, 3, 5 et 7 allumettes.
Dans le film d'Alain Resnais, L'Année dernière
à Marienbad (1961), celui qui prend la dernière
allumette a perdu. Le
héros M affirme : " je puis perdre mais je
gagne toujours ". Et vous ?…
Allumettes
"L'orateur suivant répandit
sur la table le contenu d'une boîte d'allumettes et entreprit de les
répartir en trois tas.
- Vous voulez allumer un feu de
bois ? lui demanda quelqu'un.
- Mais non, regardez. Voici
trois tas inégaux. Il y a 48 allumettes au total. Je ne vous dirai pas
combien il y en a dans chaque tas, à vous de le trouver sachant ceci :
si je transfère du premier tas au second autant d'allumettes qu'il y en
a dans le second, et du second au troisième autant qu'il y en a dans le
troisième, et enfin du troisième au premier autant qu'il y en a dans
le premier, alors j'obtiendrai un nombre d'allumettes identique dans
chacun des tas. Combien y avait-il au départ d'allumettes dans
chacun des tas ?"
(Yakov Perelman, Oh, les Maths !)
La petite fille aux allumettes
"Après avoir une dernière fois offert en vain son paquet d'allumettes, l'enfant aperçut une encoignure entre deux maisons. Elle s'y assit, fatiguée de sa longue journée, et s'y blottit, tirant à elle ses petits pieds : mais elle grelotte et frissonne encore plus qu'avant et cependant elle n'ose pas rentrer chez elle. Elle n'y rapporterait pas la plus petite monnaie, et son père la battrait.
L'enfant avait ses petites menottes toutes transies."Si je prenais une allumette, se dit-elle, une seule pour réchauffer mes doigts?"
C'est ce qu'elle fit. Quelle flamme merveilleuse c'était ! Il sembla tout à coup à la petite fille qu'elle se trouvait devant un grand poêle en fonte, comme elle en avait aperçut un jour. La petite fille allait étendre ses pieds vers ce poêle pour les réchauffer, lorsque la petite flamme de l'allumette s'éteignit brusquement et le poêle disparut. L'enfant resta là, tenant dans sa main glacée un petit morceau de bois à moitié brûlé.
Elle frotta une seconde allumette : la lueur se projetait sur la mur qui devint transparent. Derrière cette fenêtre imaginaire, la table était mise : elle était couverte d'une belle nappe blanche, sur laquelle brillait une superbe vaisselle de porcelaine. Au milieu, s'étalait une magnifique oie rôtie, entourée de pommes sautées : et voilà que la bête se met en mouvement et, avec un couteau et avec une fourchette, vient se présenter devant la pauvre petite affamée. Et puis plus rien : la flamme de l'allumette s'éteint.
L'enfant prend une troisième allumette, et elle se voit transportée près d'un splendide arbre de Noël. Sur ses branches vertes, brillaient mille bougies de couleurs : de tous côtés, pendait une foule de merveilles. La petite fille étendit la main pour en saisir une: l'allumette s'éteint. L'arbre semble monter vers le ciel et ses bougies deviennent des étoiles. Il y en a une qui se détache et qui redescend vers la terre, laissant une traînée de feu. "Voilà quelqu'un qui va mourir" se dit la
petite."
Hans Christian Andersen

Raymond Hains, Seita, 1971
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