Crocodilusâ

                         

 

au menu de crocodilus

Allumettes
Arithmétique

Art

Automates
Carrés magiques
Combinatoire
Cryptarythmes
Dominos
Enigmes
Géométrie
Graphes
Humour
Illusions
Jeux de mots
Jeux de société
Logique
Nombres
Organisation
Permutation
Philosophie
Probabilités
Théorèmes
Mythologie
Références


 

 

 

Le ruban moucheté

"Voici huit ans que j'étudie les méthodes de mon ami Sherlock Holmes. Quand je compulse les notes que j'ai prises, je ne compte pas moins de soixante-dix affaires sortant de l'ordinaire.


Le ruban moucheté


Il y en a de tragiques, de comiques, de simplement bizarres, mais aucune ne saurait prétendre à la banalité. La raison en est facile à comprendre: Holmes travaillait bien davantage pour l'amour de l'art que pour s'enrichir. Un tel désintéressement l'a donc incité à ne pas se mêler de cas vulgaires: il lui fallait l'inhabituel, et même le fantastique.

Il me semble que l'histoire la plus singulièrement fantastique est celle qui le mit en rapport avec la célèbre famille du Surrey, les Roylott de Stoke Moran (...)

- Cette nuit-là, je ne parvenais pas à m'endormir. Un pressentiment me troublait. Je vous rappelle que nous étions jumelles, ma soeur et moi, et vous savez combien sont forts et subtils ces liens que tresse la nature. C'était d'ailleurs une nuit affreuse: le vent hurlait, la pluie battait les vitres. Soudain, parmi tout le vacarme de la tempête, jaillit le hurlement sauvage d'une femme dans l'épouvante. Je reconnus la voix de ma soeur. Je sautai à bas de mon lit, m'enveloppai d'un châle et me précipitai dans le couloir. Au moment où j'ouvris ma porte, il me sembla entendre le sifflement étouffé que ma soeur m'avait décrit, puis une ou deux secondes plus tard un son métallique, comme si un lourd objet de métal était tombé. tandis que je courais dans le couloir, la porte de ma soeur s'ouvrit et tourna lentement sur ses gonds. Frappée d'horreur, je regardai, je ne savais qui allait sortir. Puis la silhouette de Julie se profila dans la lumière de la lampe du couloir, sur le seuil: la terreur avait retiré tout le sang de son visage; elle agita les mains pour appeler à l'aide; sa tête se balançait comme si elle était ivre. Je m'élançai, glissai mes bras autour d'elle pour la soutenir, mais ses genoux se plièrent, et elle s'effondra par terre. Elle était secouée de convulsions comme quelqu'un qui souffre effroyablement, et son corps était arqué. D'abord je crus qu'elle ne m'avait pas reconnue, mais quand je me penchai sur elle, elle me cria d'une voix que je n'oublierai jamais:

- Oh mon Dieu ! Hélène ! Le ruban ! Le ruban moucheté ! (...)

- Un instant ! dit Holmes. Etes-vous sûre d'avoir entendu le sifflement et le bruit métallique ? Pourriez-vous le jurer ?

- Ce fut ce que me demanda le coroner pendant l'enquête. J'ai vraiment l'impression d'avoir entendu cela; toutefois, avec le déchaînement de la tempête et tous les craquements dans cette vieille maison, il se peut que je me sois trompée.

- Votre soeur était-elle habillée ?

- Non. Elle était en chemise de nuit. Dans sa main droite elle tenait un bout d'allumette consumée; dans sa main gauche une boîte d'allumettes.

- Ce qui indique que quand quelque chose l'a alarmée, elle a allumé une allumette et a regardé autour d'elle. C'est important. Et quelles conclusions a tirées le coroner ?

- Il a mené l'enquête avec une grande minutie, car l'inconduite du docteur Roylott était depuis longtemps notoire dans le pays mais il a été incapable de trouver une cause plausible du décès. Mon témoignage a indiqué que la porte avait été verrouillée de l'intérieur, que les fenêtres étaient protégées par de vieilles persiennes pourvues de grosses barres de fer et fermées chaque nuit. Les murs ont été sondés avec soin: ils ont paru d'une solidité à toute épreuve; le plancher a été pareillement examiné, et sans résultat. La cheminée est large, mais elle est barrée par quatre gros crampons. Il est certain, par conséquent, que ma soeur était seule quand elle trouva la mort. Par ailleurs, on ne décela sur son corps aucune trace de violence.

- Et a-t-il été question d'empoisonnement ?

- Les médecins y ont songé; mais leur examen a été négatif.

- Selon vous, de quoi donc a pu mourir cette malheureuse jeune fille ?

- Je crois qu'elle est morte de frayeur, d'un choc nerveux. Mais qu'est-ce qui l'a effrayée ? voilà ce que je ne puis imaginer."

 
 

 

crocodilus aime se reposer

Merci de voter pour crocodilus et faire part de vos impressions !

haut de page

Précédente ] Suivante ]

Site créé en septembre 2000, Crocodilus est optimisé pour Internet Explorer 5.5 et +
Crocodilus respecte la loi Informatique et Libertés de 1978. Déclaration CNIL : No 825471

â Marque déposée

Dernière modification le 13 nov. 2003