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Labyrinthe
D'une façon générale, le labyrinthe représente le voyage
psychique et spirituel que l'homme doit accomplir à l'intérieur de
lui-même, à travers les épreuves et tous les motifs d'égarement,
afin de trouver son propre centre. Il symbolise le long et difficile
chemin de l'initiation. "Le coeur du labyrinthe est
souvent vide", précise Michel Cazenave, "de sorte que le
centre est à la fois la plénitude et le vide" (Encyclopédie des
symboles).
Dans l'Antiquité, les labyrinthes étaient constitués de mosaïques
posées sur le sol, tandis qu'ils étaient en Scandinavie matérialisés
par des pierres (ex. île de Gotland en Suède). Dans les cathédrales
du Moyen-Age, les labyrinthes sont des "chemins de
Jérusalem", considérés comme les substituts du véritable
pèlerinage. L'art baroque et le rococo ont transformé les labyrinthes
en des jardins d'agrément - véritables dédales de haies et de buissons,
tracées selon un plan compliqué dans le seul but de divertir les
visiteurs des parcs.

Vredeman de Vries, Labyrinthe (XVIe
siècle)
Thésée et le Minotaure
Thésée, fils du roi d'Athènes Egée, alla tuer le
Minotaure qui vivait au centre du labyrinthe construit en Crète par
Dédale. Son aventure est interprétée comme l'affirmation du héros
devant les forces du chaos et de la mort. C'est au coeur même du
labyrinthe que le combat eut lieu. Pour ressortir de ce dédale, Thésée
a besoin du fil d'Ariane qui lui indique la voie juste.
A noter qu'Ariane était la demi-soeur du Minotaure
puisque issue de la même mère, Pasiphaé. Elle-même fille du soleil,
elle devint la figure de l'âme humaine en quête de l'amour (éros) qui
la révélerait à elle-même. Abandonnée pat Thésée à Naxos, elle
inspirera un opéra à Richard Strauss et apparaîtra dans l'oeuvre de
Nietszche (La Gai savoir).
Dans ses écrits, Homère fait allusion à une aire de
danse aménagée par Dédale à Cnossos, sur laquelle se déroulait la
"danse de Thésée" qui renvoyait par la complication de ses
pas, au parcours dans la labyrinthe. Cette danse était aussi appelée
"danse du labyrinthe" ou "danse des grues" (géranos).
Devant les ruines exhumées à Cnossos par Minos
Kalokairinos (1878-79), l'Américain Stillman est le premier à parler de
"labyrinthe" en raison du dédale des salles et des couloirs.
Puis, l'archéologue anglais Sir Arthur Evans décrète en 1900 que
Cnossos est le siège du labyrinthe décrit par la mythologie grecque.
Pourtant...
D'autres études, basées à la fin du XXe siècle sur
l'étude et la vérification des textes (anciens ou non) et sur la
tradition crétoise, situe le labyrinthe mythologique à Gortyne.
D'après Janet Bord, "les premiers palais crétois
furent érigés vers l'an 2000 avant Jésus-Christ. Vers 3400 avant
Jésus-Christ, le pharaon Perabsen, de la deuxième dynastie, fit
construire son tombeau funéraire sur le principe du labyrinthe. La
construction du labyrinthe d'Amenemhet III se situe au temps de la
onzième dynastie, soit vers l'an 2000 avant Jésus-Christ, époque des
contacts très soutenus entre l'Egypte et la Crète. Il se pourrait alors
que les architectes et artistes crétois se soient rendus en Egypte et y
aient tiré enseignement des hommes de métiers égyptiens. Les rites
funéraires de ce pays auraient pu, par conséquent, influencer le dessin
du labyrinthe crétois."
Monnaies crétoises
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